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Exposition parall(elles) : Une autre histoire du design

En avril dernier, je suis allée voir une exhibition au musée des Beaux-Arts de Montréal. Cette exhibition qui se nomme Exposition parall(elles) : Une autre histoire du design « (…) met en lumière l’importance et la complexité des œuvres de design signées par des Américaines et des Canadiennes en présentant les enjeux sociaux, politiques et personnels qui ont teinté leur expérience au fil du temps. »[1]





Molly Hatch (née en 1978), Ducere, 2022. Avec l’aimable concours de Todd Merrill Studio, New York. Photo MBAM, Jean-François Brière


L’exposition offre une expérience enrichissante sur la place des femmes dans le milieu de l’art. En rentrant, nous sommes accueillis par cette mosaïque de 198 assiettes réalisée par Molly Hatch. L'exhibition, qui est en ordre chronologique, présente les premières créations à la fin du 19ième siècle jusqu’aux œuvres contemporaines. Elle était divisée par différentes pièces qui avait une couleur attitrée. Chacune d’entre elles comprenaient des photos, vêtements, photos différents objets.


En observant cette présentation, je pense aux progrès que l’humain a réalisé dans la dernière décennie. Je pense à l’évolution de l’industrie de la mode et combien de personnes ont contribué aux avancements dont nous récoltons les fruits, aujourd’hui. Je pense au travail acharné de centaine de femmes qui sont restées dans l’ombre qui ne sont pas reconnues.


Main d’œuvre exploitée

Durant le 20ième siècle, les conditions de travail pour les couturières étaient difficiles et inhumaines. Les heures étaient longues et le salaire couvrait à peine le coût de la vie à l’époque. En effet, « à l'usine, elles sont 120 femmes assisses à leur machine 12 heures par jour. Les contremaîtres (…) les surveillent afin qu'elles ne perdent pas de temps. »


Tout comme aujourd'hui dans certains pays et compagnies, les couturières étaient traitées comme des machines qui devaient performer auprofit des contremaîtres. « Le propriétaire de l'usine donne un cadeau en argent au contremaître quand il oblige les femmes à dîner à leur table de couture, pour éviter les pertes de temps. Si elles se lèvent, le contremaître les menace de les mettre à la porte. Les femmes se lèvent seulement pour aller aux toilettes. Comme il n'y en a que deux, la file est longue et souvent on retourne travailler sans avoir eu son tour. »[2] À l’époque, les conditions de travail, dans toutes les industries, étaient mauvaises et heureusement avec beaucoup de lutte elles se sont améliorées. Cependant, l’exploitation des femmes et des enfants continuent à sévir dans plusieurs pays aujourd’hui.


Problèmes modernes

Avec les avancements industrielles et technologiques des outils de production, les vêtements sont devenus plus accessibles à la classe moyenne. À première vue, la démocratisation de la mode semble une bonne idée car tout le monde veut bien s’habiller avec des vêtements tendance à un prix raisonnable. C'est pourquoi, « le modèle économique de la fast fashion s’articule autour de deux éléments principaux. L’un est la réponse rapide. Ainsi, lorsque nous constatons des changements dans les goûts des consommateurs, nous pouvons y réagir plus rapidement. »[3] Ce désir de s’habiller est encore plus mis de l'avant sur les médias sociaux. Les milliers d’images que nous voyons à chaque jour influencent notre façon d’acheter.


Cependant, pour continuer à garder les prix compétitifs, les entreprises utilisent encore une fois des pratiques non éthiques. Encore aujourd’hui, les femmes représentent plus de 80% des ouvriers du textile. Les contrats de travail sont abusifs et ces dernières se retrouvent sans sécurité. Selon un rapport du Clean Clothes Campaign : « Les ouvrières font face à des heures supplémentaires abusives, parfois forcées et non-payées, à des déductions sur leur salaire et à de nombreuses violences basées sur le genre. Malgré des journées pouvant dépasser les 12 heures, 6 à 7 jours par semaine, elles ont du mal à joindre les deux bouts. Selon les pays, elles sont payées 2 à 5 fois moins que nécessaire pour subvenir à leurs besoins. »


Réflexions

Je pense que cette exhibition est très pertinente pour toutes personnes intéressées de loin ou de près à la mode et l’art. Je pense qu'elle a rendu hommage aux femmes en tant qu’artiste et pilier dans cette industrie. J’ai eu le plaisir de découvrir plusieurs artistes et de m’enrichir sur le plan personnel. Sur une note positive, après cette visite, je suis encore plus motivée à apprendre la couture, afin de créer mes propres vêtements et apprécier le travail de personnes qui font nos vêtements au quotidien.


Cette exhibition m’a laissé avec plusieurs questions en suspend. Quelles seront les empreintes de notre époque? Quelles seront les miennes? Que diront ces empreintes du genre de société que nous étions?


Photos de Franceska

























[1] Parall(elles) Une autre histoire du design, 2023, https://www.mbam.qc.ca/fr/expositions/parallelles/#credits-et-commissariat-39-55600 [2] HÉTU, Jean-Paul, C.S.D. - Lutte des travailleurs du textile au Québec, Québec, C.S.D., 1979, 80 pages. [3] Valérie Simard, VS.(2022) Qu’est-ce qui cloche avec la mode rapide ? La Presse [type de publication] https://www.lapresse.ca/societe/mode-et-beaute/2022-07-24/qu-est-ce-qui-cloche-avec-la-mode-rapide.php , consulté le 17 juillet 2023.

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